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Fabrice se connecte via le réseau électrique
Isabelle Boucq et Emmanuel Genty
Les solutions pour surfer en haut débit sans l'ADSL
[ SATELLITE, CPL, WIMAX, RTC COMPRESSÉ ]
Fabrice se connecte via le réseau électrique
A la Haye-du-Puits, dans la Manche, ils sont une poignée à disposer d'un abonnement commercial à l'Internet via le courant porteur en ligne.
Isabelle Boucq et Emmanuel Genty
, Micro Hebdo,
le 04/05/2006 à 07h00
En devenant, il y a un an, la première commune française à disposer d'un abonnement commercial à l'Internet haut débit via le CPL (courant porteur en ligne), La Haye-du-Puits faisait sensation. Alors que l'anniversaire de cet
événement approche, force est de constater que les espoirs fondés sur le CPL ne se sont pas réalisés, et ce, pour deux raisons principales.
Entre le démarrage de l'expérience par le conseil général en 2002 et le lancement de l'offre commerciale, France Télécom a trouvé le moyen de desservir la commune en ADSL, rendant le CPL moins attractif. Par ailleurs, le conseil
général a changé de stratégie et a choisi la fibre optique pour couvrir la quasi-totalité de la Manche.
« Le département a installé 750 km de fibre optique et a choisi un partenaire pour finir d'installer le réseau et
pour le maintenir sous forme de délégation de service public »,
explique-t-on au syndicat mixte Manche numérique.
L'organisme affirme que le CPL était un test et se dit convaincu que cette technologie décollera en France... même si la Manche jette l'éponge. Le CPL ne serait pas très adapté aux zones peu peuplées et les équipements
seraient trop chers pour l'internaute. A La Haye-du-Puits, on recense trois transformateurs équipés et une poignée d'abonnés dont quelques entreprises, la paroisse et la communauté de communes.
Fabrice Mignon travaille pour cette collectivité locale et surfe sur le réseau électrique.
« Je suis satisfait, car nous n'avons pas besoin de télécharger de volumineux fichiers. La vitesse est suffisante
pour nos besoins et c'est très agréable de pouvoir se connecter sur n'importe quelle prise électrique quand on déplace un ordinateur »,
constate-t-il.
Mais à la maison, il ne troquerait pas son abonnement ADSL à 8 Mbit/s pour le CPL... Il est convaincu que la connexion est lente parce que le fournisseur n'a pas mis de gros moyens étant donné le petit nombre d'abonnés
Comment ça marche
Deux formes de CPL existent : le CPL
« indoor »
, qui consiste à créer un réseau local chez soi en utilisant les prises électriques, et le CPL
« outdoor »
, aussi appelé
« boucle locale électrique »
.
Le haut-débit est distribué aux abonnés via les lignes électriques, à partir d'un transformateur local. Pour arriver jusqu'à ce dernier, les données sont acheminées grâce à une liaison par fibre optique, satellite ou ADSL.
Le principe consiste à superposer au signal électrique classique, qui utilise une fréquence de 50 Hz, un second signal à haute fréquence, dans la fourchette de 1,6 à 30 MHz.
Seule contrainte, ce signal doit être de faible intensité, moins de 0,5 volt, afin de ne pas perturber les appareils électriques. En cas de distance trop longue entre le transformateur et l'abonné, des répétiteurs sont
placés pour ne pas perdre de débit. D'autant que le débit annoncé est à partager entre tous les adaptateurs connectés au réseau.
A La Haye-du-Puits, comme il y a peu d'utilisateurs, les 15 Mbit/s sont partagés entre chaque abonné sur la base de 512 kbit/s. Pour utiliser une liaison CPL, il faut un modem spécial, à relier au PC et à une prise
électrique. Attention, le signal CPL ne s'arrête pas au compteur, il faut donc souvent utiliser des filtres pour ne pas polluer le réseau de ses voisins. Mieux vaut aussi activer le cryptage en cas de création d'un réseau local. Les abonnements au
CPL
« outdoor »
ne sont possibles que dans le cadre d'accords avec une collectivité.
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